Mai 2012, prise en main de notre Pabouk

par Dominique Gaillard

 

Le 8 mai 2012 nous prenons livraison de notre Pabouk love, le 19ème dans la série. Antoine, le constructeur, nous accompagne dans la mise à l’eau à Port La Forêt. Pas de difficultés particulières. Pour le baptême, nous faisons les choses sobrement… Après que nous ayons bu une rasade d’un excellent rhum martiniquais, Antoine verse une partie de la bouteille dans le ballast qui dégage des vapeurs prometteuses…

Nous sommes un peu émus par notre beau rêve posé sur l’eau. Le moteur n’étant pas encore arrivé, je traverse le port en godillant, rien qu’avec le safran.

Antoine nous propose une sortie avec lui, et nous voilà parti dans la baie : on essaye toutes les allures. Le bateau est rapide, facile à manœuvrer, les ris se prennent avec une facilité et une rapidité déconcertante. Nous enchainons exercices sur exercices, tirons des bords dans l’arrière port de Concarneau et dans « le passage ». Le bateau a un comportement extrêmement sain, même si je reste un peu contracté par la peur de faire des conneries. J’en fais d’ailleurs, en particulier à l’empannage, mais le bateau pardonne beaucoup. Nous sommes sur un déplacement lourd et les sensations sont plutôt celle d’un bateau de 7 mètres. Je repense à mon cabernet dans les années 80.

Nous terminons cette journée avec 5 parrains et marraines qui nous ont rejoints… Nous sommes donc 7 sur le bateau à finir la bouteille de rhum…

Il pleut, mais nous sommes à l’abri sous le taud cabane qui me parait une option indispensable pour gagner en confort. Si la cabine est large, c’est surtout un (grand) lit pour deux personnes. Le taud permet aussi de pouvoir cuisiner sur un réchaud au port ou au mouillage.

 

Les essais s’enchainent, nous sommes seuls cette fois-ci et nous faisons deux belles rayures sur la coque, n’ayant pas mesuré le courant qui nous entrainait sur l’extrémité d’un catway… Une autre forme de baptême qui nous contrarie sur le moment, le bateau est si beau.

Le week-end, le temps s’améliore et Antoine nous propose une sortie aux Glénan. Nous partons à 3 pabouks et 6 personnes. En 2 heures nous y sommes à 5,5 nœuds de moyenne, au grand largue. Antoine nous fait échouer sur une plage, à fond de train. En faisant giter le bateau on gagne quelques mètres, le bateau « déballastant » partiellement. Puis nous prenons le mouillage face à St Nicolas qui va nous permettre d’aller manger le plateau de fruit de mer réservé au restaurant qui vient de commencer la saison. Soirée sympa avec Antoine, Eric, Babeth, Gwen, et nous deux : Coco et Dom.

Le lendemain dans un ciel dégagé nous découvrons les iles, mouillage, ballade.

Devant St Nicolas, nous avons le plaisir d’apercevoir Kiki (fille d’amis de Concarneau) sur la passerelle d’un bateau de passagers dont elle est capitaine. Le retour vers Concarneau se fait au portant, toujours entre 5 et 6 nœuds.

 

Le restant de la semaine se passe dans un temps nettement humide et froid à s’entrainer à la manœuvre pour avoir bien le bateau en main cet été. Nous répétons jusqu’à ce que prise de ris, empannages deviennent fluides. Bon il y a encore un peu de travail, mais chaque petite erreur nous permet de progresser.

Intéressante la pédagogie d’Antoine : « quand il y a un problème, au lieu de vous crisper, lâchez tout ». Et c’est vrai que tout se calme et que la manœuvre peut être reprise dans le bon sens.

 

Nous avons donc passé 10 jours plein, dans un temps assez froid et relativement pluvieux en dormant et en cuisinant sur le bateau. Si on veut faire un petit bilan de cette prise en main :

 

Nous profitons de la sortie du bateau pour apposer son nom sur le tableau arrière : « t’y batô », dernier acte d’un baptême arrosé dignement.

Nous sommes très heureux de notre choix et aussi d’avoir pu vivre concrètement une façon plus simple, et finalement plus plaisante, de naviguer près des côtes. Cet esprit éthique se retrouve chez les paboukeurs rencontrés et chez Antoine Carmichael le créateur de la série.

 

 

Dominique Gaillard